04.10.05
Événements

Concept paper : Pauvreté, Inégalité et Violence : les droits de l’homme en question - Conférence internationale

  • Date de l'événement: 04.10.05
  • Heure de l'événement: 13:25:00
Comment peut-on prévenir ou diminuer la violence, y compris la torture, en agissant sur les causes premières issues des violations des droits économiques, sociaux et culturels?

La conférence internationale «Pauvreté, Inégalité et Violence : les droits de l’homme en question? » aura lieu du mardi 4 octobre au jeudi 6 octobre 2005, au Centre International des Conférences de Genève (CICG), Rue de Varembé 15, CH-1211 Genève 20, Suisse. Des détails complémentaires sont fournis en continuation.

La Conférence s’intègre dans un projet plus important mené par l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) en lien avec le Réseau Universitaire International de Genève de l’Université de Genève (RUIG), avec l’appui financier du RUIG, de la fondation néerlandaise ICCO (Organisation Inter-Eglises de Coopération au Développement), de la Fondation des droits de l’homme au travail et de la Suisse (Direction du Développement et de la Coopération).

Son objectif est d’étudier les relations de cause à effet entre les inégalités, la pauvreté, les violations des droits économiques, sociaux et culturels et la violence. Dans ce contexte, la violence est considérée dans toutes ses acceptations: perpétrée par l’Etat (torture, exécutions sommaires, disparitions forcées, etc.) aussi bien que sociale et domestique. Le but final du projet est d’identifier les actions spécifiques que les différents acteurs pourraient entreprendre pour diminuer la violence en s’attaquant à ses causes premières économiques, sociales et culturelles.

La conférence sera basée sur une étude actuellement effectuée par l’OMCT dans le cadre de ce projet. De plus amples détails concernant cette étude sont fournis ci-dessous.

Le contexte
La lutte contre la torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, selon les normes internationales des droits de l’homme, s’est principalement développées par la dénonciation de cas, l’établissement d’un système normatif, ainsi que la recherche de mécanismes - légaux ou autres – capables de garantir une protection et une réparation adéquates aux victimes.

Ces efforts ont abouti à des améliorations considérables. Aujourd’hui, par exemple, la torture est définie et interdite par des instruments internationaux d’une portée universelle, de même que dans un grand nombre de pays, alors que des institutions nationales, régionales et internationales s’efforcent de la prévenir et de la punir ainsi que de compenser les victimes.

Pour développer la lutte contre la torture : nécessité d’en identifier les causes premières
Pourtant un très grand nombre d’individus sont encore victimes de torture, de mauvais traitements, de disparitions forcées et d’exécutions sommaires. De plus, les cas rapportés et documentés ne sont plus tant le résultat d’idéologies imposées que, de plus en plus, celui de tensions sociales croissantes qui aboutissent souvent à de violents conflits. Cette évolution paradigmatique implique qu’il nous faut envisager d’une nouvelle façon notre lutte contre la torture et autres formes de violence.
Les graves déséquilibres socio-économiques, la pauvreté et le nombre croissant d’exclus qui voient leurs revenus absolus et relatifs diminuer au point de ne plus pouvoir couvrir leurs besoins de base, sont sources de frustration et provoquent de telles tensions. Celles-ci, à leur tour, sont souvent sévèrement réprimées, puisqu’elles mettent en danger un système basé sur des privilèges auxquels les bénéficiaires ne veulent renoncer. Dès lors , l’écrasante majorité des victimes de torture et de mauvais traitements sont, aujourd’hui, des personnes issues des couches les plus pauvres de la société.
De façon similaire, la violence infligée aux femmes et aux enfants n’est pas tant le résultat d’une répression politique, mais bien plutôt la conséquence de leur marginalisation socio-économique au sein de certaines sociétés. Il est de fait que la violence contre les enfants est exercée principalement contre des mineurs socialement et économiquement marginalisés (souvent des enfants des rues ou des enfants travailleurs). De même, la violence à l’encontre des femmes est souvent liée à leur rôle socio-économique dans des sociétés qui les considèrent fréquemment comme des individus de seconde classe. Bien souvent les Etats refusent de reconnaître leur part de responsabilité dans cette violence.
Certes l’impact des facteurs socio-économiques dans l’émergence de la violence a déjà été le sujet de recherches approfondies, mais la question n’a pas souvent été considérée dans une perspective de droits de l’homme. En d’autres termes, la relation entre la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels et les violations des droits civiques et politiques – tels que le droit à la vie et la protection contre la torture – doit encore être étudiée.

L’étude
La première partie de ce projet consiste en une étude menée par l’OMCT et qui servira de document de base pour la conférence. L’étude contient une analyse académique conséquente (84 pages) qui examine les corrélations entre la violence et les inégalités socio-économiques en se basant sur des informations provenant d’un total de 63 pays et utilisant les données relevées par les Enquêtes sur la Sécurité des Personnes de l’OIT dans son programme focal sur la sécurité socio-économique. Elle inclut également une analyse approfondie de la situation des droits de l’homme dans cinq pays (Argentine, Egypte, Népal, Afrique du Sud et Ouzbékistan) avec des études de cas examinant dans ces pays, en collaboration avec des partenaires nationaux des droits de l’homme, des exemples précis de la relation existant entre les violations des droits économiques, sociaux et culturels et la survenance de la violence.

L’étude fournit ensuite une analyse de la manière dont certains mécanismes internationaux des droits de l’homme, certaines institutions internationales et agences financières et de développement abordent le sujet, ainsi qu’une réflexion sur la recherche académique récente.

La conférence
La conférence sera l’occasion de procéder à un examen critique de l’étude académique et de ses conclusions. Elle offrira également l’opportunité de reconnaître que le non respect des droits économiques, sociaux et culturels et l’inégalité et la pauvreté qui en résultent peuvent causer ou favoriser la violence, voire la torture. Elle devrait nous permettre de mieux comprendre jusqu’à quel point les autorités nationales et internationales, y compris les mécanismes internationaux des droits de l’homme et les institutions financières et de développement internationales, appréhendent cette relation et y répondent de manière adéquate.

Finalement, la conférence aura à proposer des moyens par lesquels les nombreux acteurs impliqués peuvent contribuer à l’élimination de la violence, y compris la torture, en promouvant le respect des droits économiques sociaux et culturels. Une attention particulière sera donnée à la manière dont un réseau d’ONG nationales, tel que le réseau SOS-Torture de l’OMCT, peut répondre à la nécessité d’agir sur les causes première économiques, sociales et culturelles de la violence.

Des informations complémentaires concernant la conférence et l’étude peuvent être obtenues en contactant le Secrétariat de la Conférence, à l’Organisation Mondiale Contre la Torture, 8 rue du Vieux-Billard, CH-1211 Genève 8, Suisse et par e-mail à l’adresse omct@omct.org.